Vision

La vision du centre euro-méditerranéen Migration et développement part de quatre Principes fondateurs :

Les immigrés en tant qu’acteur de développement

    Les populations issues de l’immigration vivent entre les pays d’installation et les pays d’origine dans des espaces transnationaux. Tout en participant, de plus en plus, a la vie de la cité dans les pays d’accueil, ils entretiennent des liens économiques, politiques, culturels et sociaux forts avec leurs pays et leurs communautés d’origine comme en témoignent les transferts financiers et en nature et les échanges humains et culturels.
    Au plan financier, le pays d’origine bénéficie d’envoi d’argent, d’investissements, de transfert de savoir-faire et de valeurs.
    Au plan social, l’émigration favorise la rencontre entre les cultures et l’accès aux idées, attitudes et pratiques à la base du développement du Nord, stimulant la modernisation. Ces liens enrichissent les cultures et offrent aux individus de nouvelles alternatives.

    Si dans le passé les relations entretenues avec les pays d’origine s’inscrivent tout d’abord dans le cadre du contrat migratoire entre le migrant et sa famille, avec l’installation de l’immigration et l’apprentissage de nouveaux modes de vie et d’action, une double citoyenneté se construit au cœur même du processus migratoire: une revendication pour la citoyenneté dans les pays d’accueil et un développement social rompant avec la marginalité et l’esprit mercantile au niveau des pays d’origine.

    Cette double appartenance conduit les populations issues de l’immigration à structurer leurs actions vers les pays d’origine et à se rendre compte qu’ils peuvent participer collectivement au développement de leurs régions d’origine, comme ils peuvent être, par leur double culture, des médiateurs et des conseillers pour les acteurs engagés dans la solidarité internationale. Les actions des populations issues de l’immigration témoignent de cette volonté de s’affirmer plus comme des acteurs de développement a part entière.

Le Principe du partenariat tripartite entre les O.N.G


    Le deuxième principe est le partenariat tripartite de développement local entre les O.N.G du Nord, les O.N.G des migrants et les O.N.G du Sud. ce genre de partenariat permet de:
    Renouveler la politique de coopération et de l’engager dans la voie d’une coopération de société à société
    Partir des besoins réels des populations bénéficiaires et des demandes des O.N.G du Sud
    Professionnaliser les associations de développement des immigrés qui bénéficieront de l’expérience des O.N.G de développement du Nord
    Accéder à l’apport technique et au financement complémentaire
    Mobiliser la société civile et garantir la participation des populations du Sud et du Nord dans le processus d’un développement équitable et durable
    Prôner pour un développement décentralisé et de comprendre les différences culturelles.

Le développement durable comme action de citoyenneté et de démocratie

    Les immigrés restent des citoyens intégrés dans les sociétés d’accueil notamment par leur participation socio-économique, politique et culturelle.
    Leur connaissance des mécanismes existants peuvent leur permettent de contribuer au développement de leur pays d’origine. Ceci suppose bien évidemment une autre vision de l’immigration , non pas comme un problème mais une chance pour les sociétés du Nord et du Sud pour la gestion des flux migratoires et par conséquent de voir la migration en tant que moyen de stabilité et de prospérité partagée entre les deux rives de la méditerranée.
    Dans cette optique notre action donne une priorité au développement des régions d’origine des immigrés dans un cadre de coopération décentralisée et de mobilisation de la société civile des deux rives.
    Ainsi, en s’appuyant sur l’apport des immigrés, le développement local décentralisé avec la participation directe des citoyens et des O.N.G rendrait le lien évident entre développement et la démocratisation des sociétés d’origine.

Le partenariat et la solidarité Nord-Sud

    L’action du centre a ce propos tend à stimuler le partenariat et la solidarité entre sociétés où les besoins primordiaux des populations du Sud sont pris en compte sans pour autant mettre en cause les intérêts des sociétés du Nord.
    C’est dans le cadre de ce principe de solidarité que s’inscrit les actions de développement des immigrés en direction de leurs pays et régions d’origine Leurs actions concernent les besoins primaires des populations et des O.N.G de la société civile qui les portent.

    Il faut noter que l’activité de développement initiée par les O.N.G au Maroc est une expérience jeune. de ce fait l’engagement dans des activité de développement reste un nouveau secteur d’intervention pour les cadres associatifs marocains dont la majorité sont de surcroît issues d’expériences syndicales, de ciné-club et d’associations culturelles ce qui influe, malgré la volonté et l’engagement de ces cadres, sur la qualité de leur intervention et empêchent par conséquent la majorité des responsables des associations et O.N.G locales marocaines de mener un travail de réflexion et d’analyses stratégiques.

    Parallèlement à cela, on note, qu’actuellement, le Maroc connaît un autre genre d’émigration en l’occurrence celle de ses cadres qui ont coûté cher à l’Etat et grâce à l’argent des contribuables ( à titre indicatif : une année de formation d’un ingénieur équivaut le coût de scolarisation de 25 élèves ). Cette saignée aggrave ainsi le déficit en ressources humaines du Maroc, contribuant au blocage de son processus de développement et, par là même, favoriser l’émigration. D’où la réflexion de la consolidation du rôle de la société civile marocaine en vue de freiner ce fléau et de garantir un relais indispensable pour le développement local.

    C’est dans cet objectif que le programme que Emcemo et ces partenaires ont mis en place au Maroc essaie d’intégrer et de faire participer les O.N.G et associations locales à s’impliquer directement dans le processus du développement local à travers la mise en place de liens stratégiques entre la migration et le développement.

    Le programme qui s’inscrit dans la logique d’un vrai partenariat Nord-Sud tend aussi à s’en donner concrètement les moyens méthodologiques permettant à la fois le renforcement de l’action des opérateurs de la société civile de part et d’autre de la méditerranée (afin de faire valoir les valeurs que celles-ci défend particulièrement), tout en produisant suffisamment des résultats concrets en matière d’action de développement. Ceci suppose bien évidemment un vrai partenariat qui dépasse les simples rapports de type «bailleurs de fonds- exécutant» mais des partenaires qui défendent les mêmes préoccupations, voire les mêmes causes.

     © 2002, EMCEMO, Nederland